À Montréal, le Beaujolais nouveau avait un goût de primaire de la droite et du centre ce jeudi…

Jeudi soir, le Beaujolais nouveau avait un goût de primaire. Arrivé au beau milieu du dernier débat précédent le premier tour de la primaire de la droite et du centre, le célèbre vin a donné l’occasion aux partisans montréalais des deux favoris des sondages, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, de se retrouver pour visionner le dernier débat avant le vote de dimanche, tous persuadés de la victoire de leur candidat.

Par Lise Ouangari et Léopoldine Frowein

Les Juppéistes restent sereins

Plus d’une trentaine de Juppéistes se sont réunis pour assister au dernier débat de la primaire au restaurant français Chez Alexandre. À l’image du débat qui a « manqué de punch » selon Christophe Deschamps, responsable du comité « Montréal avec Juppé », l’ambiance était tiède jeudi soir du côté du camp Juppé pour qui, de toute façon, les jeux sont déjà faits. « Les dés sont jetés. Ce sera Alain Juppé », croit le responsable qui est persuadé de la victoire du maire de Bordeaux au terme d’un duel avec Nicolas Sarkozy au deuxième tour.

Les derniers sondages ont souligné la poussée de François Fillon (22% des intentions de vote) tout en montrant que l’écart entre les deux favoris, Alain Juppé (36%) et Nicolas Sarkozy (29%), s’était resserré. « La remontée de François Fillon arrive trop tard », se rassure Christophe Deschamps. Et quant à la candidature d’Emmanuel Macron, le responsable affirme qu’elle ne bouleversera pas la primaire de la droite et du centre: « Ça ne va rien changer au vote pour Alain Juppé ».

Christophe Deschamps, référent d'Alain Juppé à Montréal, regarde son candidat
Christophe Deschamps, référent d’Alain Juppé à Montréal, regarde son candidat lors du débat

Christophe Deschamps souligne la « longue expérience politique [d’Alain Juppé] dans quasiment tous les ministères. […] Il veut rassembler large jusqu’aux déçus du hollandisme et au moins il ne ratisse pas vers le FN », ajoute-t-il.

Le responsable du comité souligne le rapport qu’a Alain Juppé avec la communauté française à Montréal. « Il est le porte drapeau des Français à l’étranger. Il est venu chaque année contrairement aux autres candidats », rapporte-t-il.

Accoudé au bar, le président du comité des Jeunes de Montréal avec Juppé, Edouard Laporte, discute de la primaire avec une jeune femme, un oeil sur l’écran de télévision qui retransmet le débat. Si à l’issue du scrutin, Nicolas Sarkozy sortait vainqueur de la primaire, le jeune homme de 24 ans se rangera derrière le parti. « Je me rallierai derrière le gagnant, c’est la règle du jeu. Je ne me rallierai pas derrière la personne mais bien derrière le parti. C’est un mal pour un bien », tranche-t-il.

Les Sarkozystes persuadés que l’ancien chef de l’État déjouera les sondages

Du côté des Sarkozystes, près de vingt-cinq partisans ont joyeusement célébré l’arrivée du Beaujolais Nouveau au restaurant Pèlerin Magellan, tout en visionnant le débat qui a rappelé les objectifs de l’ancien président du parti des républicains.

« Ce sera Sarkozy en 2017 ou je préférerais presque m’abstenir de voter », s’exclame l’un des fidèles partisans.

Ils sont tous fermement convaincus que l’ancien chef d’État a toutes les chances de faire mentir les sondages en remportant la primaire à l’issu du second tour le 27 novembre.

Aurélia Le Tareau, référente de Nicolas Sarkozy au Canada, regarde son candidat lors du débat
Aurélia Le Tareau, référente de Nicolas Sarkozy au Canada, regarde son candidat lors du débat

Aurélia Le Tareau, référente de Nicolas Sarkozy au Canada, affirme que l’ancien chef de l’État est « l’unique personne apte à prendre le pouvoir. Les autres ne font pas le poids face à lui car il est le seul à avoir autant d’expérience ». Elle rappelle également les propositions de son candidat en faveur des Français de l’étranger, et notamment la gratuité de l’enseignement pour les jeunes expatriés.

La référente a également fait valoir que Nicolas Sarkozy est le seul candidat à avoir endossé les plus hautes responsabilités de l’État: « Sarkozy, en plus d’être un homme déterminé et énergique, a cinq ans d’expérience au pouvoir, c’est un point à ne pas prendre à la légère. La France est en état d’urgence, on ne peut pas se payer le luxe d’avoir un politicien en apprentissage au pouvoir. On a vu ce que ça a donné avec François Hollande et on ne veut pas reproduire la même erreur », a t-elle dit.

Au Pèlerin Magellan, les Sarkozystes sont confiants et se sont déjà donnés rendez-vous le 27 novembre pour fêter la victoire autour d’un verre, car si les sondages renseignent sur les intentions de vote, beaucoup d’inconnues entourent la primaire de la droite et du centre —notamment sur la mobilisation— et ce, au moment où les élections américaines ont largement remis en cause la fiabilité des enquêtes d’opinion.

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