8ème édition du festival La Vache et le Caribou en Normandie

La 8ème édition du festival franco-québécois La Vache et le Caribou a débuté jeudi dernier à Verneuil-sur-Avre. Du 10 au 17 août, projection de films, concerts, théâtre et conférence feront vivre une fois de plus les liens séculaires qui unissent le Québec à cette petite commune de Normandie.

Par Timothée Beurdeley

Lancé en 2010, le festival est organisé par l’Association des Amis des Bertrand et Saint-Arnaud en France (ADBSTAR-France), une association qui célèbre les liens entre la Normandie et le Québec depuis le départ d’un enfant du pays vers la Belle-Province (Le Québec ? c’est tout droit, en Normandie!).

Après une année 2016 quelque peu décevante en termes de fréquentation, le président de l’ADBSTAR Fabien Perucca se montre optimiste pour cette nouvelle édition.
« Nous repartons vaillamment cette année, avec toujours plus d’expérience et une équipe de plus en plus soudée, s’enthousiasme Fabien Perucca. J’estime que c’est le plus beau programme que nous ayons conçu depuis le début du festival, et j’ai bon espoir qu’on remplisse bien nos salles. »

Le festival ouvrira et clôturera avec deux succès cinématographiques québécois de l’année 2016, Les Mauvaises herbes de Louis Bélanger et Juste la fin du monde de Xavier Dolan.

Côté musique, plusieurs concerts rythmeront le festival, avec la présence du Trio BBQ et de leur chanteuse Katherine Desrochers (Montréal), du quintette de musique folklorique Tradition’îles (Îles de la Madeleine), du groupe les Tireux d’Roches (Mauricie), de Annette Campagne (Saskatchewan), Maryanne Côté (Montréal) ou encore du Jocelyn Pettit Band (Colombie-Britannique).
« Notre objectif n’est pas d’attirer de grandes vedettes québécoises, plutôt de vrais professionnels qui sont reconnus par chez vous mais qui n’ont pas forcément percé en France ou en Europe », souligne M. Perucca. 

Une conférence et une pièce de théâtre de l’historien Alain Dubos consacrées à l’Acadie ainsi que des soirées dansantes et une brocante complèteront le programme.
A taille humaine, le festival est entièrement porté par des bénévoles et n’entend pas grandir davantage afin de préserver l’esprit chaleureux et familial qui l’anime. « Les artistes sont directement au contact du public et sont logés chez l’habitant », relève M. Perucca.

Des liens centenaires

Cette partie de la Normandie fut au XVIIème un des principaux foyers d’émigration française vers le Canada. « On fait découvrir une part de leur histoire à nos visiteurs québécois en leur faisant visiter les environs », explique M. Perucca, qui rappelle que les familles Gagnon et Tremblay sont partis de Tourouvre, à 28km de Verneuil, et que François de Montmorency-Laval est originaire de Montigny-sur-Avre, à 8km.

Comme chaque année, le festival sera aussi l’occasion de rendre hommage à deux soldats canadiens morts à Verneuil-sur-Avre pendant la seconde guerre mondiale et qui reposent dans le cimetière de la commune. Donald Dufton, né à Toronto en 1922, avait tout juste 20 ans lorsque son avion a été abattu au-dessus de Verneuil-sur-Avre en le 13 août 1943. Un an plus tard le 17 août 1944, c’est le parachutiste ontarien Hector Philip Sylvestre qui était torturé et fusillé à Verneuil par les nazis aux côtés des cinq résistants locaux qui l’avaient recueilli.
Régulièrement des membres de la famille de ces deux soldats font le déplacement pour prendre part aux commémorations organisées pendant le festival.

Cette riche histoire commune qui unit ce coin de Normandie au Québec est célébrée à chaque festival. Aujourd’hui, La Vache et le Caribou est l’occasion de souligner ces liens centenaires tout en maintenant des échanges bien vivants entre nos deux cultures. Prochain défi pour l’association ADBSTAR : organiser des échanges scolaires entre jeunes Normands et Québécois.

(crédit visuel: Normandie-Tourisme – Moloch)

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