Salon de l’Auto de Montréal: Y’a de l’électricité dans l’air… !

À Montréal comme à Détroit, le courant passe ! En effet, au centre des intérêts de ces deux grandes rencontres de l’industrie automobile, les voitures hybrides et électriques ont une place de plus en plus marquées et remarquées. Ainsi, à Montréal, sur les quarante trois marques offertes aux visiteurs, qui vont d’une Pagani à deux millions de dollars aux petites Spark et Micra à 10 mille dollars, on peut voir et essayer plus de dix modèles électriques tels les Nissan Leaf, Kia Soul, des hybrides comme les Porsche Cayenne, Panamera, en passant par la Volt, une électrique munie d’un petit moteur qui lui permet de prolonger son autonomie.

Par Jacques Rivard

Toutes ces voitures sont attrayantes pour qui veut faire un geste pour la sauvegarde de l’environnement, notamment après la conférence COP 21 sur le climat qui vient de prendre fin à Paris, et où on veut limiter le réchauffement généré par les gaz à effet de serre. Toutefois, ce qui en refroidit l’intérêt de plusieurs, c’est la faible autonomie de ces voitures , qui vont d’une cinquantaine de kilomètres en mode électrique sur une hybride, telle la Prius, à un peu plus de cent kilomètres en tout électrique, comme la Ford Focus. Toutefois, GM vient de dévoiler à Détroit une voiture tout électrique, la Bolt, qui promet de pouvoir rouler plus de trois cent kilomètres sur une seule charge, et qui sera offerte à quelque trente mille dollars US. Quant à Renault, la firme veut s’appuyer sur l’importation de voitures électriques au Québec pour tenter un retour en Amérique du nord. Le constructeur français attend l’autorisation du Gouvernement du Québec pour importer un millier de Kangoo électriques sans modification, à titre d’essai. En 2017, c’est l’européen Nissan QASHQAI qui devrait être importé au Québec.

La voiture électrique : l’autonomie évolue rapidement…

Toutefois, également présente au Salon de l’Auto de Montréal, la championne incontestée tout électrique en matière d’autonomie, c’est la californienne Tesla, la gracieuse S, qui permet de rouler jusqu’à quatre cent kilomètres, mais que seuls les conducteurs fortunés peuvent s’offrir, car on doit investir plus de quatre-vingt mille dollars pour avoir le plaisir de rouler dans le luxe et sans aucune émission. Et, pour Tesla, c’est à Montréal que ça se passe ! Car selon le représentant de la marque au Salon de Montréal, Martin Paquette, c’est dans la métropole que la compagnie aux cinquante mille voitures déjà vendues a ouvert ses installations les plus importantes en Amérique du Nord, rien de moins. Tesla qui vient de dévoiler un autre modèle tout électrique, cette fois un VUS quatre roues motrices, le X, plus cher que la S, mais qui s’apprête à démocratiser la marque en offrant bientôt une voiture pour quelque trente mille dollars, déjà baptisée modèle 3, avec une autonomie équivalente ou meilleure que sa grande sœur, la S.

DSC_0037Si Tesla met tant d’emphase sur sa présence au Québec, c’est d’une part, parce que c’est l’endroit en Amérique où l’électricité propre et peu chère abonde, et surtout, parce que le gouvernement provincial a compris que les ressources hydrauliques renouvelables lui permettent d’être à l’avant-garde en matière de réduction des GES, en adoptant déjà une politique d’électrification des transports. Ainsi, au Québec, les acheteurs ou locateurs de voitures hybrides et électriques ont droit à des déductions gouvernementales de huit mille dollars, leurs voitures arborent des plaques minéralogiques vertes, ils peuvent rouler sans frais sur les voies à péages, et peuvent même mettre gratuitement leurs véhicules à bord des traversiers de la province.

Et, pour aider tout ce beau monde à embarquer dans la décarbonisation des transports, via l’électrification, le Québec, avec la participation de certaines villes comme Montréal, d’Hydro Québec, et de plusieurs partenaires commerciaux, plus de cent trente maintenant, tels les Rôtisseries St-Hubert, les quincailleries Rona, les marchés Metro, ont entrepris de multiplier les bornes de recharges de ce qu’il est maintenant convenu d’appeler le circuit électrique du Québec. Ainsi, le réseau en constante évolution compte maintenant près de six cent bornes de recharges publiques, dont vingt-neuf rapides, sur les principaux axes routiers de seize régions de la province. Plus d’un millier seront installés d’ici à 2020.

Ceci permet d’envisager au Québec un avenir prometteur pour l’électrification des transports, et la rencontre des engagements de réduction de GES de la province, les plus élevés au Canada, soit de 35 pour cent dès 2030. Un optimisme toutefois modéré par Georges Iny, le président de l’APA, l’Association pour la Protection des Automobilistes, qui voit dans le discours des Québécois deux messages contradictoires : le vert, qu’ils donnent en sondages en se disant intéressés par les véhicules propres, et l’autre, celui des salles de montres des concessionnaires, où l’intérêt va plutôt pour les camions ou les VUS plus polluants, encouragés à court terme par la chute des prix du pétrole et les périodes de financement à faibles taux allant jusqu’à quatre-vingt quatre mois. En effet, au Québec, en 2015, les ventes de véhicules hybrides et électriques ont baissé, pendant que celles des camionnettes ont explosé.

(crédit photo : Nathalie Simon-Clerc)

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